Bref aperçu du Burkina Faso
Situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso est pays sahélien qui partage ses frontières avec le Mali au nord et à l’Ouest, le Niger au nord et à l’est, le Bénin au sud-est, le Ghana et le Togo au sud, la Côte-d’Ivoire à l’ouest et au sud. Sa superficie est de 274 000 Km2. Avec une population estimée à 23 025 776 d’habitants en 2023 pour une croissance annuelle de 2,3%, il a pour capital Ouagadougou. Son économie repose sur l’agriculture, et la production minière, en particulier celle de l’or. Plus de 40 % de sa population vit en dessous du seuil national de pauvreté. Le Burkina Faso est classé 185e sur 193 pays selon le rapport 2023-2024 de l'indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le Burkina, le Mali et le Niger ont créé, le 16 septembre 2023 l’Alliance des États du Sahel (AES) afin de mutualiser leurs efforts contre le terrorisme, quittant ainsi la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) le 28 janvier 2024. La situation humanitaire reste critique, avec plus de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays, et environ 2,7 millions de personnes (soit 11,9 % de la population) confrontées à une grave insécurité alimentaire entre juin et août 2024.
Selon la Banque Africaine de Développement, les perspectives économiques sont positives pour le Burkina Faso, avec une croissance du PIB réel projetée à 5,7 % en 2025 et 6,8 % en 2026 ; et soutenue par l’augmentation de la production agricole et extractive. Elles restent tributaires de l’amélioration des conditions sécuritaires. L’inflation devrait atteindre 2,6 % sur 2025 en raison des perspectives des bonnes campagnes agricoles. Le déficit budgétaire devrait s’établir à 3,5 % du PIB en 2025, en raison de la hausse des recettes publiques et un meilleur contrôle des dépenses publiques. Le déficit du compte courant devrait s’améliorer (1,1 % du PIB en 2025), grâce à l’augmentation des recettes d’exportations et la baisse des importations des denrées alimentaires. (BAD, Rapport pays 2025)
Importations et Exportations au Burkina Faso
En termes de commerce global en 2023, la Suisse demeure le premier partenaire du Burkina Faso avec une part de 29,2% du total des échanges. Elle est suivie par la Côte d’Ivoire avec une part de 9,2%, la République Populaire de Chine (8,0%) et la Russie (5,1%). L’Allemagne occupait la 14e place au range des partenaires commerciaux du Burkina Faso avec une part de marché estimé à 1,5 %.
En 2023, les exportations du Burkina Faso ont été largement dominées par l’or non monétaire, qui a généré environ 3,25 milliards d’euros, représentant 78,6 % des recettes d’exportation ; le coton arrive en seconde position avec environ 236,3 millions d’euros pour 5,7 % du total, tandis que les noix de cajou 110,3 millions d’euros, les ciments hydrauliques 97,6 millions d’euros et les farines de graines et fruits oléagineux non déshuilés soit 75 millions d’euros complètent le top cinq.
La même année, les importations du Burkina Faso ont légèrement augmenté par rapport à 2022. Les principaux continents fournisseurs restent l’Afrique et l’Europe, avec des importations évaluées à environ 1,71 milliard d’euros pour l’Afrique et 1,77 milliard d’euros pour l’Europe. Malgré ce poids important, les échanges avec l’Europe affichent une nette diminution par rapport à l’année précédente.
Principaux secteurs économiques au Burkina Faso
1. Transformation agro-industrielle
L’agriculture, qui occupe 80 % de la population et n’exploite qu’un tiers des terres disponibles, représente un fort potentiel de croissance pour le Burkina Faso. Identifié comme un secteur prioritaire dans le PNDES, il offre d’importantes opportunités dans les filières végétales et animales, notamment à travers la mise en place d’unités de transformation de la viande, du lait, du cuir et des peaux. Malgré une production annuelle estimée à 445 000 tonnes de lait, seulement 2 % sont collectés et transformés industriellement, la filière restant confrontée à une faible productivité, à un déficit d’infrastructures et à la concurrence des produits importés. L’essor des initiatives industrielles, encouragé par l’APEC, confirme la volonté du pays de valoriser davantage ses ressources locales.
En parallèle, le Burkina Faso intensifie sa stratégie de transformation locale afin de réduire sa dépendance extérieure et d’accroître la valeur ajoutée nationale. Les importations de farine de blé ont ainsi reculé de 5,18 millions d’euros en 2022 à 4,88 millions d’euros en 2023. Le secteur agroalimentaire se modernise également grâce à l’investissement de 40,4 millions d’euros réalisé par BRAKINA pour moderniser ses lignes de production et développer la fabrication locale d’emballages. Enfin, le secteur textile est en mutation avec la construction d’une usine de teinture de coton à Ouagadougou, dont l’inauguration est prévue en 2026, un projet visant à porter la transformation locale, aujourd’hui inférieure à 10 % à un niveau plus compétitif et créateur d’emplois.
Le secteur agro‑industriel du Burkina Faso offre des opportunités pour les entreprises allemandes dans la mécanisation agricole, les technologies de transformation (riz, manioc, soja, lait) et les équipements industriels, soutenues par les initiatives nationales et les programmes de développement visant à moderniser les chaînes de valeur agricoles et à renforcer la transformation locale.
2. Les Mines et les carrières
Le secteur minier a confirmé en 2024 son rôle de pilier de l’économie burkinabè, porté par une progression notable de la production et des exportations d’or et d’argent selon le rapport ITIE‑BF 2024. Le pays comptait alors 13 mines industrielles en activité, et la production d’or a augmenté de 57,34 tonnes à 60,77 tonnes, soit un gain de 3,43 tonnes, renforçant la place centrale du métal précieux dans l’économie nationale. Sur la dernière décennie, les recettes fiscales et parafiscales issues du secteur ont également progressé de 14,4 %, traduisant la montée en puissance de sa contribution aux finances publiques.
Cette dynamique s’accompagne de projets structurants destinés à diversifier et à moderniser les méthodes d’exploitation. Parmi eux, l’unité semi‑mécanisée de Pampouna, dont l’étude technico‑économique est achevée, vise à accroître durablement la production aurifère. Le Gouvernement développe également l’unité de traitement mutualisé d’or de Méguet, conçue pour renforcer la transformation locale et générer davantage d’emplois. Parallèlement, la création de la Société de Participation Minière du Burkina (SOPAMIB) et les activités de Golden Hand SA, spécialisée dans la valorisation des déchets miniers, illustrent la volonté de maximiser l’exploitation des ressources : cette dernière a déjà récupéré 44 lingots d’or, soit 93,197 kg, à partir de charbon fin. Ces initiatives traduisent une stratégie globale visant à accroître la valeur ajoutée locale, optimiser les retombées économiques et renforcer l’impact du secteur minier sur le développement national.
Le secteur minier burkinabè offre des opportunités pour les entreprises allemandes dans la fourniture d’équipements et technologies minières, les services géologiques, ainsi que la logistique et la sécurité, domaines très demandés dans un marché en croissance tiré par l’or et le développement de nouveaux projets industriels. Le potentiel en minéraux critiques tels que le manganèse, le zinc ou le lithium renforce également l’intérêt pour les acteurs disposant d’expertise technique avancée.
3. Énergies renouvelables : l’énergie solaire
En 2024, le secteur de l’énergie au Burkina Faso a enregistré des avancées significatives. La production nationale a couvert 51 % des besoins, soit plus de 1,4 milliard de kWh, grâce à la SONABEL et à la montée en puissance des producteurs indépendants, dont la contribution est passée de 100 413 MWh en 2023 à 227 370 MWh en 2024, soit une progression de 126,43 %. Le mix énergétique reste dominé par le thermique (36 %), tandis que le solaire (11,5 %) et l’hydroélectricité (3,5 %) poursuivent leur croissance, reflétant la volonté du pays de réduire sa dépendance extérieure et d’accroître la part des énergies renouvelables.
Cette transition s’appuie sur le fort potentiel solaire national, avec notamment le projet Yeleen, qui étend les capacités photovoltaïques à Zagtouli, Nagréongo et dans plusieurs localités, tout en renforçant le réseau électrique. L’Agence burkinabè de l’électrification rurale (ABER) contribue également à l’amélioration de l’accès à l’électricité grâce à des solutions innovantes et abordables, en particulier dans les zones rurales.
Le Burkina Faso offre des opportunités importantes dans le solaire grâce à un ensoleillement exceptionnel et à une forte demande d’investissements dans des centrales photovoltaïques. Des projets prioritaires comme la centrale solaire de 18 MW à Dédougou, soutenue par un financement de 6 millions d’euros du SEFA et de la FMO, ainsi que de grands partenariats public‑privé intégrant solaire et stockage (150 MWp + 50 MW BESS), illustrent un marché dynamique où les entreprises peuvent intervenir dans la production, les solutions off‑grid et les technologies de stockage
4. Immobilier et construction
Le secteur du BTP au Burkina Faso connaît une croissance soutenue, portée par l’essor simultané des infrastructures publiques, des constructions résidentielles et des projets communautaires. Il répond à une demande élevée en routes, ponts, logements, écoles et hôpitaux, concentrée surtout à Ouagadougou et Bobo‑Dioulasso, tandis que les zones rurales bénéficient de projets d’adduction d’eau et d’électrification. Cette dynamique est largement alimentée par les partenariats public‑privé et les financements internationaux (Banque mondiale, BAD, coopérations bilatérales), qui soutiennent des projets majeurs tels que la réhabilitation du corridor Ouaga–Lomé et l’extension du réseau routier vers les zones enclavées.
Selon l’INSD, le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 27,2 % au deuxième trimestre 2024, sous l’effet de la forte hausse de la construction de bâtiments (+74,6 %), malgré le recul des activités spécialisées. En glissement annuel, la croissance atteint 33,9 %, confirmant l’essor du BTP. Par ailleurs, les besoins en logement dépassent 20 000 unités par an pour les deux principales villes, et le taux d’urbanisation pourrait atteindre 35 %, renforçant les perspectives de développement.
Dans ce contexte, les entreprises allemandes disposent d’opportunités importantes dans la construction d’infrastructures, la fourniture de matériaux et équipements de haute qualité, l’ingénierie, la supervision de chantiers et les technologies de construction durables. Le recours croissant aux PPP, avec un portefeuille national dépassant 80 projets validés dans les infrastructures, l’eau, l’énergie et le logement, ouvre également un large espace pour les acteurs internationaux disposant d’un savoir‑faire technique avancée.
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