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Cameroun

Présentation du Cameroun

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Pixabay / David

Bref aperçu du Cameroun

Le Cameroun est situé en Afrique centrale, au fond du golfe de Guinée s’étendant sur une superficie de 475 442 Km2. Il est limité au Nord par le Tchad, à l’Est par la République Centrafricaine, au Sud par le Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale, à l’Ouest par le Nigéria. Le Cameroun est un pays qui compte plusieurs grandes villes parmi lesquelles Yaoundé, la capitale politique et Douala, la capitale économique. La population camerounaise en 2022 était de 27,9 millions d’habitants avec une croissance démographique de 2,6%. Le français et l’anglais sont les langues officielles, elles sont parlées respectivement par 70 % et 30 % de la population.

Entre 2010 et 2024, son produit intérieur brut (PIB) a presque doublé, passant d’environ 25,3 milliards d’euros à 48,6 milliards d’euros. Sur le plan économique, le pays représente la principale puissance de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), avec près de 50 % du PIB régional et 50 % des réserves de change de la zone. À l’échelle continentale, le Cameroun figure parmi les quinze premières économies africaines, contribuant à hauteur de 2 % au PIB du continent.

En 2024, l’économie camerounaise a enregistré une reprise notable, avec une croissance estimée à 3,6 %, contre 3,2 % en 2023, principalement portée par le secteur non pétrolier. Malgré les incertitudes mondiales, la croissance devrait rester résiliente en 2025, soutenue par l’accélération des investissements publics, le développement des industries extractives (fer et gaz), la mise en service d’infrastructures stratégiques dans l’énergie et le transport, ainsi que l’implantation d’unités de transformation des matières premières. Le financement nécessaire pour accompagner cette transformation structurelle est évalué à environ 10 milliards d’euros d’ici 2030. Toutefois, la faiblesse persistante des recettes fiscales, pétrolières et des appuis extérieurs limite la capacité à couvrir ce besoin.

Les perspectives économiques à moyen terme demeurent modérément favorables. Entre 2025 et 2028, la croissance réelle du PIB devrait s’établir en moyenne à 3,9 %, soutenue par l’amélioration de l’approvisionnement en électricité pour les entreprises industrielles et par une augmentation des investissements publics, qui devrait stimuler le secteur du bâtiment. Par ailleurs, l’inflation devrait poursuivre sa tendance baissière et converger vers 3 % à l’horizon 2027.


 

Importations et exportations

La plupart des Investissements Directs Etrangers au Cameroun proviennent de l'Union européenne, en particulier de la France et de l'Allemagne, et visent l'industrie minière, y compris l'extraction du pétrole. En 2023 l’Allemagne occupait la 3e position des principaux fournisseurs du Cameroun dans l’Union Européenne avec une valeur des importations estimée à 233,3 millions d’euros.

Entre juillet et septembre 2024, les importations du Cameroun ont progressé de 11,4 % par rapport à la même période en 2023, selon le rapport trimestriel de l’INS publié en février 2025.

La même année l’Allemagne occupait la 7e position dans le classement des principaux fournisseurs avec une valeur 242,6 millions d’euros représentant 3.2% des parts de marché.

Les importations depuis l'Allemagne incluent principalement du blé, des tubes en fer et des vêtements d'occasion. Il s’agit, aussi des machines et appareils mécaniques (21,7%), les véhicules automobiles et tracteurs (14,9%), le blé et le méteil (9,4%), les ouvrages en fonte, fer et acier (8,6%). (2023)

Les exportations camerounaises sont dominées par le pétrole brut, le cacao et les bananes. Les principaux partenaires commerciaux pour ces exportations incluent les Pays-Bas, la France, l'Inde et la Chine. Le Cameroun vise à diversifier ses exportations via le Plan Directeur d'Industrialisation 2030, qui inclut des initiatives pour transformer les matières premières locales. L’atteinte de cet objectif passe inéluctablement par l’acquisition de machines de pointe.

Les machines et équipements mécaniques ou électriques occupent une place stratégique dans le développement économique du Cameroun. En 2024, leurs importations ont représenté 15,7 % des dépenses totales d’importation, soit 1,2 milliard d’euros, en hausse de 19,9 % par rapport à 2023. Cette progression témoigne de la volonté du pays de renforcer ses capacités en matière d’équipements technologiques.

Secteurs économiques prometteurs au Cameroun

1. L’agriculture et l’agro-industrie

Le Cameroun, avec ses 8 millions d’hectares de terres arables et un climat tropical diversifié, se positionne comme un acteur clé de l’agro-industrie en Afrique centrale. En 2024, le secteur agricole contribue à 17 % du PIB et emploie 42 % de la population active (INS, 2024). Parmi les produits phares, le pays se distingue par sa production de 290 000 tonnes de cacao, le plaçant au cinquième rang mondial, ainsi que par une production de 34 000 tonnes de café, en hausse de 8 % grâce aux réformes du Conseil Interprofessionnel du Café-Cacao (CICC). L'huile de palme, avec 410 000 tonnes produites, présente également un potentiel d'expansion significatif, visant un million de tonnes d'ici 2030 selon le Plan Palmier 2025.

Les échanges commerciaux entre le Cameroun et l'Allemagne révèlent une dynamique intéressante. En 2024, les exportations camerounaises vers l'Allemagne sont estimées à environ 338,3 millions d’euros, dominées par le cacao (167,4 millions d’euros), les fruits comestibles (17,5 millions d’euros) et le caoutchouc naturel (5,2 millions d’euros) (COMTRADE, 2024). En revanche, les importations en provenance d'Allemagne atteignent près de 192,3 millions d’euros, comprenant notamment le blé (42,3 millions d’euros), des équipements agricoles (19,3 millions d’euros) et des produits chimiques (12,9 millions d’euros) (BMZ, 2024). La balance commerciale affiche ainsi un excédent de 145,9 millions d’euros pour le Cameroun dans le secteur agroalimentaire.

Pour les PME allemandes, plusieurs opportunités se présentent dans ce secteur en pleine expansion. La demande croissante pour du cacao durable certifié répond à une exigence européenne de traçabilité et zéro déforestation, avec un projet GIZ allouant 20 millions d'euros pour moderniser 50 000 exploitations via des pratiques agroécologiques. De plus, seulement 15 % du cacao est actuellement transformé localement, ce qui ouvre la voie à des investissements dans des machines de torréfaction et des chaînes de conditionnement, avec un marché estimé à 41,4 millions d’euros par an d’ici 2026.

La chaîne du froid représente également une niche importante, car près de 40 % des pertes post-récolte touchent les fruits et légumes (FAO, 2024). Des investissements de 30 millions d'euros sont prévus via KfW pour développer des entrepôts solaires et des camions réfrigérés. Enfin, le projet UE-BMZ visant à doubler la productivité du coton dans le Nord du pays par l'introduction de semences résilientes constitue une autre avenue prometteuse.

Le cadre réglementaire favorable inclut des exonérations fiscales dans les Zones Économiques Spéciales et un accord UE-Cameroun qui réduit les tarifs pour les exportations agro-transformées.

En somme, le Cameroun offre un environnement propice au développement de l'agro-industrie avec des perspectives solides pour les entreprises allemandes souhaitant investir dans ce secteur stratégique.

2. Le secteur de l’énergie renouvelable

Le Cameroun, avec un potentiel hydroélectrique considérable, vise à porter la part des énergies renouvelables à 25 % de son mix énergétique d'ici 2035, soit environ 1 500 MW de capacités renouvelables. Actuellement, l'hydroélectricité représente 61,7 % de la production d'électricité, tandis que les autres énergies renouvelables contribuent à moins de 5 %.

Le Cameroun a mis en place un cadre réglementaire pour promouvoir les énergies renouvelables, visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles et à améliorer l'accès à l'électricité. La loi sur les énergies renouvelables de 2011 et le Plan National de Développement des Énergies Renouvelables (PNDER) sont les principaux instruments de régulation. Ces politiques encouragent l'investissement dans les technologies renouvelables, notamment l'hydroélectricité, l'énergie solaire et la biomasse.

La stratégie camerounaise repose sur deux axes principaux :

  1. Développement de mini-centrales hydroélectriques : Construction de 50 mini-centrales, dont cinq déjà prévues dans différentes régions.
  2. Promotion de l’énergie solaire photovoltaïque : Programme incluant la production centralisée, les solutions hors réseau, le Solar Home Metering et le Solar Net Metering, avec deux projets solaires de 25 à 30 MW chacun prévus dans les régions septentrionales.

Le cadre réglementaire camerounais encourage les investissements étrangers via des exonérations fiscales et des partenariats public-privé. La loi de finances 2025 inclut des mesures pour promouvoir les énergies renouvelables et l'électromobilité. Les accords bilatéraux entre le Cameroun et l'Allemagne peuvent faciliter la coopération dans le secteur des énergies renouvelables.

Le marché des énergies renouvelables au Cameroun est en croissance, avec une capacité installée de 1 593 MW en 2021, principalement hydroélectriques. Les investissements dans les projets solaires et hydroélectriques sont significatifs, avec plus de 360 mini-centrales solaires déjà construites dans les zones rurales.

Les échanges commerciaux entre le Cameroun et l'Allemagne dans le secteur des énergies renouvelables sont en développement. En 2024, les exportations de technologies renouvelables allemandes vers le Cameroun ont augmenté de 11,7 %, incluant des équipements solaires et hydroélectriques. Les importations de produits énergétiques du Cameroun vers l'Allemagne restent modestes, mais il existe un potentiel pour augmenter ces échanges grâce à des partenariats stratégiques.

Opportunités pour les PME Allemandes

  • Hydroélectricité : Le Cameroun possède un potentiel hydroélectrique considérable, avec des projets en cours pour augmenter la capacité installée. Les entreprises allemandes peuvent fournir des technologies pour la construction et la maintenance des barrages.
  • Énergie solaire : Le pays bénéficie d'un ensoleillement élevé, rendant l'énergie solaire prometteuse. Les PME allemandes peuvent investir dans des installations solaires, des systèmes de stockage d'énergie et des solutions hors réseau.
  • Biomasse : Le Cameroun a un potentiel élevé pour la production d'énergie à partir de la biomasse, grâce à son agriculture riche. Les entreprises allemandes peuvent développer des technologies de conversion de la biomasse en énergie.
  • Efficacité énergétique : Il existe une demande croissante pour des solutions d'efficacité énergétique afin de réduire les coûts et les émissions. Les PME allemandes peuvent offrir des technologies et des services pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments et des industries.

3. L’industrie pétrolière et gazière

Le secteur pétrolier et gazier au Cameroun est régi par la loi n°99-013 du 22 décembre 1999, connue sous le nom de Code Pétrolier, et le décret d'application n°2000-465 du 30 juin 2000. Ces régulations sont complétées par des contrats pétroliers qui mettent en œuvre les principes de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (EITI). Les principales institutions responsables de la régulation sont le ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique (MMIDT) et la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH).

En 2022, le Cameroun a exporté 196 millions d’euros de produits vers l'Allemagne, dont 89,3 millions d’euros de pétrole brut[1]. Les importations en provenance d'Allemagne ont atteint 161 millions de dollars, incluant des machines de lavage et de mise en bouteille, des vêtements usagés et du blé. Les échanges commerciaux entre les deux pays montrent un potentiel de croissance, notamment dans le secteur pétrolier et gazier.

En 2021, la production de pétrole au Cameroun était de 25,61 millions de barils, représentant une légère baisse de 3,56 % par rapport à 2020. La production de gaz naturel commercialisable pour la même année était de 76,712,402 millions de pieds cubes standards (MSCF). Le Cameroun possède des réserves prouvées de pétrole estimées à 200 millions de barils et des réserves de gaz naturel de 4,8 milliards de pieds cubes. En 2022, les exportations de pétrole brut vers l'Allemagne ont atteint 97,1 millions de dollars.

Opportunités pour les PME allemandes dans le secteur pétrolier et gazier au Cameroun :

  • Exploration et extraction : Technologies avancées pour exploiter des réserves importantes de pétrole et de gaz.
  • Raffinage : Fourniture d’équipements pour la modernisation de la raffinerie SONARA et la construction d’une seconde unité.
  • Infrastructure et transport : Développement de pipelines, stations de stockage et centrales de conversion gaz-électricité.
  • Technologies GNL : Investissements dans la liquéfaction et le transport, avec un objectif de production passant de 1,6 à 5 millions de tonnes d’ici 2026.

 

4. Infrastructure et BTP

Avec une part actuelle de 6,5 % dans le PIB et un objectif de 8 % d’ici 2027[1], le secteur du BTP au Cameroun connaît une croissance soutenue, portée par des investissements massifs dans les infrastructures et une urbanisation rapide. 

En 2025, la croissance réelle du secteur est estimée à 3,5 %, stimulée par un budget d’environ 875 millions d’euros consacré aux routes et aux transports, soit 51 % des investissements publics.

Parmi les projets structurants figurent la centrale hydroélectrique de Nachtigal (420 MW), l’extension du port en eau profonde de Kribi (environ 610 millions d’euros) et la construction de 1 415 km de routes pavées dans le cadre du plan SND30.

Avec un taux d’urbanisation de 57 % et une population urbaine en hausse de 3,8 % par an, la demande en logements atteint 85 000 unités par an, nécessitant la construction de 100 000 nouveaux logements annuels. Pour répondre à cette pression, le gouvernement mise sur des programmes de logements sociaux et des partenariats public-privé, tout en allouant environ 166 millions d’euros à la rénovation des hôpitaux et des écoles en 2025.

Ces projets offrent aux entreprises allemandes des opportunités dans la fourniture de machines, matériaux innovants, solutions d’efficacité énergétique et services d’ingénierie.

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