Aperçu du Togo
La République du Togo, située en Afrique de l’Ouest, est bordée par le Ghana à l’ouest, le Bénin à l’est et le Burkina Faso au nord. Le pays couvre 56 785 km² et compte 9,5 millions d’habitants, avec un taux de croissance démographique de 2,2 % en 2024 (Banque mondiale). La population est composée de 43,7 % de chrétiens, 35,6 % adeptes de religions traditionnelles, 14 % de musulmans et 6 % sans religion.
Après une croissance de 6,2 % en 2023, l’économie togolaise a poursuivi son dynamisme en 2024, avec un PIB réel estimé à 6,5 %. En 2025, la croissance reste soutenue : +6,3 % au troisième trimestre, confirmant la résilience du pays malgré un contexte international incertain.
A la fin 2023, le stock d’investissements directs étrangers atteignait 1,25 milliard d’euros, soit 16,2 % du PIB. Les IDE se concentrent principalement dans les secteurs des phosphates, du coton, des infrastructures, du café et du cacao. Les principaux investisseurs sont l’Afrique du Sud, le Qatar, les Pays‑Bas, la France et l’Allemagne.
En 2024, le Comité d’approbation des investissements a validé 37 projets pour un total d’environ 361,2 millions d’euros. Parmi eux, 22 projets étaient portés par des investisseurs étrangers pour un montant de 237,7 millions d’euros (66 % du total), principalement dans la construction, l’agro‑industrie et l’agro‑alimentaire.
En termes d’infrastructures, le Togo dispose d’un port en eau profonde jouant un rôle central dans les échanges extérieurs et le transit régional. Le pays compte également deux aéroports internationaux modernisés, dont l’AIGE, désormais positionné comme un hub aérien ouest‑africain. Les projets d’aménagement de zones industrielles, logistiques et technologiques (notamment autour de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé) participent à la création d’un écosystème capable d’absorber et de valoriser les capitaux étrangers. Parallèlement, des investissements sont engagés dans l’amélioration du réseau routier, dont la longueur revêtue atteint 2 273,7 km en 2022, en légère baisse par rapport à 2021.
Importations et exportations au Togo
Entre avril et juin 2025, les exportations togolaises se sont établies à 342 millions d’euros, tandis que les importations ont atteint 704 millions d’euros, générant un déficit commercial de 362 millions d’euros. Malgré une légère hausse annuelle en valeur, les exportations enregistrent une forte baisse en volume, alors que les importations poursuivent leur progression. Ce contraste reflète un net affaiblissement de la performance exportatrice, face à une demande intérieure soutenue, de plus en plus couverte par les importations.
Parallèlement, les importations en provenance des six autres États de l’UEMOA se sont élevées à environ 315,8 millions d’euros, soit près de la moitié des volumes exportés, permettant ainsi à Lomé de dégager un excédent commercial de plus de 344,3 millions d’euros dans ses échanges intra‑UEMOA. La Chine demeure le principal fournisseur du pays, avec 21 % des importations, notamment dans l’électronique, les véhicules et les matériaux de construction.
Toutefois, l’analyse de la structure des échanges de marchandises par zones économiques révèle que l’Union européenne constitue le principal partenaire commercial du Togo, représentant à elle seule près d’un quart des importations en provenance des pays hors CEDEAO. (INSEED, 2023). À elles seules, les dix premières sources d’approvisionnement concentrent plus de 66 % des importations, dominées par les hydrocarbures raffinés, les véhicules, les produits pharmaceutiques et l’huile de palme. Ce classement met en évidence la dépendance marquée du Togo à l’égard de l’extérieur pour la couverture de besoins fondamentaux, qu’il s’agisse de l’approvisionnement énergétique, des équipements essentiels ou des intrants nécessaires au système de santé.
En 2023, l’Allemagne occupait la 10e place des principaux fournisseurs du Togo avec une part de marché estimée à 2,7 % soulignant ainsi une marge importante de progression pour les entreprises allemandes, notamment dans les secteurs industriels et technologiques.
Principaux secteurs économiques au Togo
1. Transformation agro-industrielle
Le gouvernement togolais ambitionne de faire de l’agriculture un véritable moteur de croissance et de création d’emplois à travers l’amélioration de la productivité et des rendements agricoles, le renforcement des industries de transformation agro-alimentaire et le développement de l’agriculture à haute valeur ajoutée. La transformation agricole sera l’un des piliers de la croissance économique attendue avec notamment l’implantation d’usines de transformation agro-industrielle au sein de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA). En effet, le montant des investissements attendus à l’horizon 2026 est estimé à plus de 437,7 millions d’euros. Le Togo intensifie la transformation du soja, un produit stratégique pour son économie. Grâce à un investissement d’environ 24,4 millions d’euros, des entreprises comme Togo Soja développe de nouveaux produits dérivés afin de mieux répondre à la demande internationale. Ces progrès renforcent la position du pays dans l’industrialisation agroalimentaire en Afrique de l’Ouest et soutiennent la diversification ainsi que la compétitivité de son économie.
Le Togo représente un marché en forte croissance pour les technologies allemandes de transformation agro‑industrielle. La disponibilité abondante de matières premières et la volonté du pays d’accroître la valeur ajoutée locale créent une demande immédiate en équipements de transformation, stockage, conditionnement et solutions énergétiques pour les unités agro‑industrielles. Les entreprises allemandes peuvent se positionner rapidement avec des solutions fiables et hautement technologiques, dans un secteur où l’offre locale reste limitée et les besoins croissants.
2. Energies renouvelables
Le Plan National de Développement fait de l’amélioration de l’accès à l’électricité une priorité pour atteindre 75% d’électrification. Depuis 2015, les activités de production d’énergie électrique peuvent être exercées au Togo par toute personne publique ou privée, dans les conditions prévues par l’Accord international portant Code bénino-togolais de l’électricité révisé du 10 mars 2015, la Loi 2000-012 du 18 juillet 2000 relative au secteur de l’électricité et la Loi n°2018-010 du 08 août 2018 relative à la promotion de la production de l’électricité à base des sources d‘énergies renouvelables.
Le Pacte National Energie de le République du Togo reflète une ambition nationale qui est d’accélérer l’électrification pour atteindre 100 % d’accès à l’électricité d’ici 2030, porter à 80 % la couverture en solutions de cuisson propre et élever à au moins 50 % la part des énergies renouvelables dans le mix électrique.
L’État mise sur le développement de capacités de production durables et fiables, notamment dans le solaire et l’hydroélectrique, et le renforcement correspondant du réseau de transport et de distribution pour satisfaire à la demande.La stratégie « Togo 2025 » prévoit 50 % d’énergies renouvelables d’ici 2025 et un accès universel à l’électricité d’ici 2030, avec notamment la centrale solaire de 25 MW/36 MWh à Dapaong (69 millions USD) et un plan de mobilisation de 3 milliards USD, dont 1,68 milliard provenant du secteur privé.
Le marché des solutions solaires hors réseau et des mini‑réseaux reste peu saturé, offrant de vastes opportunités aux entreprises allemandes spécialisées. Cependant, la demande pour des systèmes intégrés combinant solaire, stockage et services de maintenance dépasse largement l’offre, en particulier pour les applications industrielles, commerciales et municipales.
Grâce aux kits solaires SHS, aux mini‑réseaux modulaires, aux solutions de stockage et aux systèmes hybrides, les entreprises allemandes peuvent répondre aux besoins des zones rurales ainsi que des petites et moyennes industries et entreprises commerciales. Les clients potentiels incluent les agences nationales d’électrification, les collectivités locales, les PME industrielles et les ménages, ce qui ouvre un marché porteur pour les acteurs allemands.
3. Bâtiment et Travaux publics
Au Togo, le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) constitue un pilier essentiel dans la modernisation des infrastructures publiques et l’accompagnement de la dynamique d’émergence du pays. Bien que des progrès significatifs aient été réalisés ces dernières années, le secteur demeure confronté à plusieurs défis majeurs : retards dans l’exécution des projets, chantiers non achevés ou abandonnés, insuffisances dans la qualité des études techniques et du suivi‑contrôle, ainsi que des contraintes structurelles liées aux procédures des marchés publics.
En 2023, le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) a contribué entre 8 % et 10 % au PIB national, confirmant son rôle de pilier essentiel de l’économie togolaise. Par ailleurs, au cours des cinq dernières années, l’État a investi près de 4,56 milliards d’euros dans les dépenses publiques, avec une part substantielle orientée vers le développement et la modernisation des infrastructures, renforçant ainsi l’impact stratégique du BTP sur la croissance et l’aménagement du territoire.
Les projections indiquent, au regard du rythme actuel d’accroissement urbain, que 50% de la population résidera en milieu urbain en 2028. Ce taux passera à 58% en 2050 selon le rapport des Nations Unies sur l’état de l’urbanisation (UNDESA, 2014). Ceci se traduira par une multiplication par trois de la population urbaine entre 2014 et 2050 ; passant de 2,7 à 8,4 millions d’habitants, avec une pression toujours plus forte sur les infrastructures disponibles.
Les opportunités pour les entreprises allemandes dans le secteur du BTP au Togo sont portées par un climat d’investissement renforcé entre les deux pays, illustré par des échanges de haut niveau visant à attirer davantage d’investisseurs allemands, ainsi que par une mobilisation financière importante, avec près de 300 millions d’euros engagés depuis 2021 pour appuyer des réformes et moderniser les infrastructures togolaises. De plus, des programmes structurants comme le PAFC, financé par la KfW pour soutenir les communes et développer des infrastructures locales, ouvrent des perspectives concrètes pour les entreprises du BTP, notamment dans la construction d’équipements publics et de projets socio‑économiques à fort impact.
4. Transport et logistique
Le secteur des transports occupe une place centrale dans le développement économique du Togo. Véritable vecteur de dynamisation des échanges et de modernisation des infrastructures, il joue un rôle essentiel pour stimuler la croissance, favoriser l’intégration régionale et attirer les investissements étrangers. Le pays ambitionne de devenir à l’horizon 2030 un hub logistique dans la sous-région à travers le développement des pôles de compétitivité dans les villes secondaires au tour du secteur agricole.
La modernisation des infrastructures de transport constitue un axe majeur de la stratégie de développement économique, soutenue par des investissements importants dans les réseaux routiers, portuaires et aéroportuaires. L’amélioration progressive des routes et autoroutes renforce la connexion entre les zones de production et les marchés, facilitant la mobilité des personnes et des marchandises. Parallèlement, le port de Lomé, grâce à l’extension du terminal à conteneurs et à l’amélioration des équipements de manutention, s’affirme comme un hub maritime incontournable, consolidant le rôle logistique du pays. Enfin, la rénovation et la montée en capacité de l’aéroport international de Lomé améliorent l’accessibilité du territoire et renforcent son attractivité, tant pour le tourisme que pour les échanges commerciaux.
Des projets structurants sont en cours, notamment la création d’un dry port, le développement d’une zone industrielle liée au port, ainsi que des travaux techniques comme le dragage du chenal à 18,60 m et le renforcement des quais pour accueillir les plus grands porte‑conteneurs mondiaux. Ces investissements renforcent l’attractivité du pays pour les acteurs du transport, de l’entreposage et de la logistique avancée.
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